Phrases espagnoles pour l'Espagne : pourquoi le pain n'est pas gratuit et l'addition ne vient jamais
Vous vous asseyez dans un restaurant en Espagne, une corbeille de pain arrive avant que vous ayez ouvert la carte, et vous le mangez parce qu'il est là. Puis l'addition finit par arriver, et il y a dessus une ligne qui dit seulement « pan ». Du pain. Personne ne vous a roulé. L'Espagne fonctionne simplement avec quelques habitudes que personne n'explique aux visiteurs, et la plupart se règlent avec une courte phrase.
Les phrases ci-dessous font partie du kit voyage espagnol gratuit : cinquante phrases pour l'Espagne en cinq jours, avec la prononciation.
« Un café » vous vaut une question
Dites « Un café, por favor » (ounn ka-FÉ, por fa-BOR) et, au lieu d'un café, vous recevez une question : « ¿solo, cortado o con leche? » « Un café » tout seul n'est pas une commande complète en Espagne. Café solo est un expresso simple. Cortado est un expresso avec un nuage de lait, notre noisette. Café con leche est moitié lait dans une grande tasse, le café du petit-déjeuner, et personne ne s'offusque si vous en prenez un après le déjeuner. Commandez par le nom et la question disparaît.
L'addition ne viendra pas tant que vous ne l'aurez pas demandée
L'erreur ici, c'est la patience : vous terminez, vous attendez, et vous décidez que le service est lent. C'est l'inverse. En Espagne, vous laisser tranquille devant une table vide est une politesse, et apporter l'addition sans qu'on la demande serait une façon de vous prier de partir.
Captez le regard du serveur et dites « La cuenta, por favor » (la KOUÉNN-ta, por fa-BOR). La version plus espagnole est « ¿me cobra? », littéralement « vous m'encaissez ? », et mimer une signature en l'air marche partout. Si vous voulez partager, « ¿junto o separado? » est la question : ensemble ou séparément.
Le pain est une ligne sur l'addition
L'Espagne n'a pas de couvert à l'italienne, mais le pain qui arrive sans qu'on le demande n'est pas gratuit. Une ligne pan (pann), ou « servicio de pan », à un ou deux euros par personne est normale. Si vous n'en voulez pas, vous pouvez le renvoyer à son arrivée. Quelques restaurants impriment encore « cubierto » sur l'addition ; ce n'est légal que si la carta l'annonce.
Deux autres lignes à connaître. « IVA incluido » veut dire que la taxe est déjà dans le prix. Et si vous êtes en terrasse, les prix « terraza » ont légalement le droit d'être plus élevés que le même plat en salle. Le pourboire est petit et facultatif : arrondissez ou laissez un euro ou deux au restaurant, rien au comptoir.
Excusez-moi, deux fois
L'espagnol a deux emplois pour « excusez-moi », et les visiteurs ont tendance à utiliser un seul mot pour les deux.
Pour capter le regard d'un serveur, arrêter un inconnu ou s'excuser légèrement, dites « Disculpe » (diss-KOUL-pé). C'est la forme de vouvoiement « usted », sans risque avec qui que ce soit. En Espagne, vous entendrez « perdone » ou le familier « perdona » tout aussi souvent, et un franc « ¡oiga! » (écoutez !) pour héler un serveur débordé est normal, pas impoli. Pour de vraies excuses, la phrase est « lo siento ».
Pour passer devant quelqu'un, il n'y a pas de mot spécial. « Perdón » (pér-DONN) plus un geste fait l'affaire, et dans un métro bondé « ¿me deja pasar? » (vous me laissez passer ?) est ce qui fait vraiment bouger les gens. Quelqu'un posté près de la porte vous demandera « ¿va a bajar? », vous descendez ? « Con permiso » est compris, surtout pour entrer dans une pièce ou passer derrière une table, mais vous l'entendrez moins dans la rue qu'en Amérique latine.
« Gracias » a un « th » dedans
Le mot est « Gracias » (GRA-thiass). En Espagne, le « c » devant « i » se prononce la langue entre les dents, comme le « th » anglais de « thin », donc « GRA-thiass » et non « GRA-siass ». Les réponses que vous entendrez sont « de nada » (de rien), « a usted » ou « a ti » (merci à vous) et « no hay de qué ». « Muchas gracias » est merci beaucoup. Les Espagnols emploient « por favor » moins que les francophones n'emploient « s'il vous plaît », si bien qu'une demande sans formule, avec un « gracias » chaleureux à la fin, est déjà polie, pas sèche.
Validez chaque trajet, et ne repassez pas la carte
« Valide su billete » (ba-LI-dé sou bi-YÉ-té) veut dire validez votre billet, et la surprise, c'est là où cela s'applique. Les trains Renfe ne se compostent pas : les billets sont scannés aux portiques ou à bord, mais gardez le billet pour ressortir par les portiques des Cercanías. L'amende, c'est dans les bus et les métros. À chaque trajet, passez votre carte de transport ou glissez le ticket papier dans la machine à la porte, même avec un titre multitrajet. À Barcelone, la T-casual est strictement personnelle, alors ne la repassez pas à votre voisin. Les contrôleurs verbalisent sur place, 100 euros à Barcelone, moitié moins seulement si vous payez sous deux jours ouvrés.
Le métro de Madrid a un piège bien à lui : il ne vend pas de billet papier. La machine vous vend d'abord une « Tarjeta Multi » réutilisable à 2,50 euros et y charge les trajets. Les bus de Madrid acceptent aussi la carte bancaire sans contact.
Les quarante-trois autres
Ces phrases viennent des jours un à quatre du kit voyage espagnol : dix phrases par jour pendant cinq jours, chacune avec une transcription que vous pouvez lire à voix haute, une astuce comme celles ci-dessus et l'audio. Le jour un fonctionne dans le navigateur sans compte, et toute la fiche s'imprime sur trois pages.